Le blogue de Richard3

Nous vivons à l’ère des communications; c’est probablement pour cela que plus personne ne se parle.

A-30: Le tronçon oublié

Publié par Richard3 sur 24 février, 2008

L’actualité parle souvent du chantier de l’autoroute 30, sur la rive-sud de Montréal, dont on attend la construction depuis plus de 30 ans. Avec l’échangeur A-15/A-30 “dans le champ” qui devrait être complété cette année (du moins je l’espère), l’autre échangeur “quasi-Mohawk” dont les soumissions à l’appel d’offres s’ouvriront cette semaine, et la sélection du partenaire privé de la section Châteauguay/Vaudreuil-Dorion quelque part au cours de la présente année, il devrait enfin se passer quelque chose d’autre que du bla bla ministériel et des conférences de presse. Par contre, il existe un autre tronçon de l’A-30, un tronçon dont pratiquement personne ne parle. Personne, sauf dans la région du Centre-du-Québec, et un peu en Mauricie. Un tronçon qui, même s’il fait dans les 20 kilomètres, est ignoré de presque tout le monde, à part les locaux, ceux qui vivent tout près. Voici donc “le tronçon oublié” de l’A-30, celui qui va de Bécancour à… Bécancour.

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Voici l’extrémité ouest du tronçon oublié, qui débouche sur la route 132, dans le secteur Saint-Grégoire de la ville de Bécancour.

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La même bretelle, cette fois vue du viaduc de la route 132. C’est derrière ce bout de forêt que devrait passer la suite de l’A-30, qui relierait la ville de Nicolet au réseau autoroutier. Les gens de Nicolet se sont fatigués de la demander, à force, puisqu’ils le font depuis environ 40 ans.

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Vue de l’A-30 depuis le même viaduc, cette fois vers l’est. On y voit les collecteurs existants, ainsi que tout l’espace requis pour les voies rapides centrales. Le viaduc que l’on voit est celui de l’A-55, au coeur de l’échangeur A-30/A-55. On y voit aussi, à gauche, le poteau du panneau d’identification du viaduc (vous savez, les petits panneaux à trois couleurs sur lesquels il y a plein de chiffres que l’on croit inutiles, mais qui permettent aux fonctionnaires de ne pas se perdre), comme quoi je suis bien au centre du viaduc, et tout en bas, mon ombre de photographe pourri.

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Ici, on voit l’A-30, direction est. Après l’échangeur de l’A-55, l’A-30 devient une super-2, sur laquelle la limite de vitesse est fixée à 100 km/h, sans minimum.

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Sur l’A-30 en super-2, que des jonctions (JCT), ou des intersections à niveau. Aucun échangeur. Le seul viaduc qui passe au-dessus d’une autre route est situé au-dessus de la rue principale du village de Bécancour, soit l’avenue Nicolas-Perrot, et on entre dans le village, depuis l’A-30, via une intersection à niveau, quelques centaines de mètres plus loin.

Il faut comprendre ici que la ville de Bécancour est une invention du gouvernement de Jean Lesage(1), alors qu’afin de favoriser la création de SIDBEC, au milieu des années 1960, il a fusionné le village de Bécancour avec une dizaine d’autres petites municipalités environnantes, pour créer une ville au territoire énorme, mais avec une population totale d’environ 10,000 personnes. Un peu comme Mirabel, lors de la construction de l’aéroport international. D’ailleurs, plusieurs grandes entreprises du PIPB, comme Norsk Hydro(2), ont récemment fermé leurs portes, faisant de ce parc industriel un genre d’éléphant blanc, un peu comme l’aéroport de Mirabel.

(1) Lors de la publication originale, j’avais prétendu que la ville de Bécancour fut une création du gouvernement péquiste de René Lévesque, dans le but de favoriser la création du PIPB, alors que celui-ci, dans les faits, fut un genre de “prix de consolation”, puisque SIDBEC n’a finalement jamais été créée à Bécancour, le gouvernement préférant acheter les installations existantes de la compagnie Dosco, à Contrecoeur.  Tous les détails dans les commentaires 5 et 6, à la fin du billet.  Merci à Carl pour les précisions.

(2) Lors de la publication initiale, j’avais nommé l’Aluminerie de Bécancour comme entreprise fermée, mais selon un lecteur, cette compagnie est toujours en opération.  Tous les détails dans les commentaires 2 et 3, à la fin du billet.  Merci à lawrock pour l’information. 

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Imaginez; une traverse de quad sur une autoroute. Évidemment, il s’agit ici de l’intersection de l’avenue des Jasmins, qui mène au secteur Sainte-Angèle-de-Laval de la ville de Bécancour.

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À l’est de la rivière Bécancour, toutes les intersections, sauf celle de la route privée d’Hydro-Québec qui mène à la centrale nucléaire Gentilly 2, sont munies de voies séparées et de feux de circulation.

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Saviez-vous que ce type, Arthur Sicard, est en fait l’inventeur de la souffleuse à neige, telle qu’on la connaît aujourd’hui? Il construisait ses machines dans une usine de Sainte-Thérèse, qui abrite aujourd’hui les installations de PACCAR.

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La seule indication que l’A-30 se termine, vers l’est, est ce simple panneau. Mais comme sept kilomètres, sur les vingt que comptent le tronçon oublié, sont partagés avec la route 132, il n’y a aucune fin physique. L’A-30 devient tout simplement la route 132, et la vitesse permise est réduite à 90 km/h.

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Malgré qu’elle soit construite en super-2, l’A-30, à tout le moins ses quatre derniers kilomètres, sont construits selon le principe des voies de service, qui permet de relier les rues et routes qui longent l’autoroute. C’est ce que l’on voit ici, près de la fin de l’A-30; une route passe le long de la clôture. Cette voie donne sur le chemin des Cendres.

Compte tenu que les gens de Nicolet demandent que l’A-30 se rende chez eux depuis la construction originale de cette section, il y a près de 40 ans, et que personne, ni au MTQ, ni au gouvernement, n’a fait davantage que des promesses non-tenues, il serait surprenant que ce tronçon de l’A-30 soit relié au tracé principal de celle-ci, qui s’arrête à Sorel-Tracy, soit environ 55 kilomètres à l’ouest du bout de forêt que l’on voit sur la seconde photo. Cette section de l’A-30 risque donc de demeurer un tronçon oublié pour de nombreuses années encore.

6 Réponses vers “A-30: Le tronçon oublié”

  1. Sylvain a dit:

    Bonjour Richard!

    Oui,le tronçon à deux voies de l’autoroute 30 de Bécancour à l’autoroute 55 près du pont Laviolette. Cette autoroute en question il y a longtemps aussi que cela aurait dû être terminé.

    Cette autoroute 30,doit être faites de Bécancour à Sorel-Tracy où la section existante de l’autoroute 30 est terminée de Sorel-Tracy à Candiac et surtout ce lien autoroutier doit être fait à quatres voies incluants viaducs,sorties,entrées et échangeurs.

    De plus cette autoroute 30 à Bécancour doit être prolongée vers l’est jusqu’à Lévis (St-Nicolas) avec un futur échangeur avec l’autoroute 20 (Jean-Lesage).

    Au Revoir !

    Sylvain

  2. lawrock a dit:

    En passant, l’Aluminerie de Bécancour est toujours en activité. Je ne sais pas d’où tu tiens que l’entreprise aurait fermé.

  3. Richard3 a dit:

    @ Lawrock:

    …oups!

    C’est quelle compagnie, en plus de Norsk Hydro, parmi les gros joueurs du parc industriel, qui a fermé dernièrement? Il me semble que Norsk Hydro n’était pas la seule. Pourrais-tu éclairer ma lanterne, mon cher?

    En passant, j’ai corrigé l’article, au sujet de l’ABI. Et merci encore pour l’info.

  4. actualites a dit:

    je tenais à te dire <ue tu gagnerais à être reconnnu par tous :)

  5. Carl a dit:

    La ville de Bécancour n’a pas été créée par le gouvernement du Parti Québécois, mais bien par le gouvernement Lesage, en 1965, comme une rapide consultation du Répertoire des municipalités du Québec ou du site de la ville elle-même le démontre.

  6. Richard3 a dit:

    @ Carl:

    …re-oups! (Dis donc, je me suis vraiment cassé la gueule sur ce billet, moi!)

    J’avoue avoir insinué que c’était une création du PQ sans avoir fait de recherche, tellement cela semblait évident. Mais le fait que ce soit le gouvernement libéral de Jean Lesage a confirmé mon insinuation, car après tout, le “père” du parti québécois, René Lévesque, était un ministre du cabinet Lesage, à cette époque, et qu’il a ainsi conservé quelques façons de faire du chef de “l’équipe du tonnerre”. Toujours est-il qu’en bout de ligne, vous avez tout à fait raison, mon cher Carl. Alors j’ai suivi vos pistes, et cela m’a permis de découvrir des trucs pas mal intéressants!

    Comme par exemple, le Parc industriel a été créé en 1968, sous le nom de Société du parc industriel du centre du Québec, suite à un changement d’idée du gouvernement (…quoi d’autre!). Pourquoi ce changement d’idée, et en fait, quelle était cette idée? C’est qu’au milieu des années 1960, le gouvernement avait mandaté le Trust général du Canada pour procéder à l’achat de 7650 acres de terrain, le tout devant servir à fonder une grande sidérurgie à Bécancour, que l’on allait appeler SIDBEC. En 1968, le gouvernement s’est porté acquéreur des installations de la compagnie Dosco, à Contrecoeur, pour y établir sa sidérurgie, et suite à cela, le projet de Bécancour fut abandonné. Comme les gens de Bécancour étaient devenus sceptiques face au gouvernement, eux qui ont eu à souffrir la fusion de leur patelin à une ville qui n’avait finalement plus sa raison d’être, celui-ci a donc créé le parc industriel, à titre de solution de rechange. En 1990, la société du parc, qui avait le statut d’organisme public, est devenu une société d’état, et a pris le nom de Société du parc industriel et portuaire de Bécancour.

    Quant à la fusion elle-même, survenue officiellement le 17 octobre 1965, elle a regroupé pas moins de 11 corporations municipales, à savoir; La-Nativité-de-Notre-Dame-de-Bécancour, Saint-Édouard-de-Gentilly, Saint-Grégoire-le-Grand, Sainte-Gertrude, Sainte-Angèle-de-Laval, Très-Précieux-Sang-de-Notre-Seigneur, ainsi que les villages de Larochelle, de Gentilly, de Villers, de Bécancour, et de Laval. Par contre, le site web de la ville de Bécancour commet une erreur… de vantardise!

    En effet, le site prétend que Bécancour est la première ville-fusion, mais ce n’est pas vrai! Une autre petite recherche m’a permis de découvrir qu’elle est la deuxième, parce qu’elle s’est fait damer le pion par la ville de Laval, qui fut quant à elle constituée le 6 août 1965, soit juste un peu plus de deux mois avant Bécancour. Par contre, la “nouvelle” ville de Laval n’a pas été constituée dans le but de réaliser un mégaprojet, mais tout simplement parce que les 13 corporations municipales, gérées individuellement, donnaient un ensemble tout simplement ingérable. La ville de Laval fut le fruit de la fusion des cités de Chomedey (elle-même formée de la fusion de la cité de Saint-Martin, et des villes de l’Abord-à-Plouffe et de Renaud), de Duvernay, de Laval-des-Rapides, de Pont-Viau, et de Sainte-Rose, ainsi que des villes d’Auteuil, de Fabreville, des Îles-Laval, de Laval-sur-le-Lac, de Sainte-Dorothée, de Saint-François, de Saint-Vincent-de-Paul, et de Vimont.

    Bien sûr, je vais procéder aux corrections dans le billet principal. Et merci encore, mon cher Carl, pour les précisions.

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