Le blogue de Richard3

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Autoroute 50: Accident mortel, un de plus

Publié par Richard3 sur 22 janvier, 2008

Hier, en fin de journée, un accident mortel - un autre - est survenu sur l’autoroute 50, à la hauteur du chemin de la Côte-Saint-Louis, à Mirabel. Une dame d’une trentaine d’années y a laissé sa vie, alors que deux autres personnes ont été sérieusement blessées lors de ce qui semble être une collision frontale.

Le secteur du chemin de la Côte-Saint-Louis semble être le théâtre de nombreux accidents, selon Maxime Landry, reporter à bord de l’hélicoptère TVA. En fait, il y a une légère courbe à cet endroit, et cette courbe joue bien des tours quand vient le temps de dépasser un autre véhicule. Évidemment, cette partie de l’A-50 a été construite en “super-2″, c’est à dire que les véhicules se rencontrent sur la même chaussée, et sont ainsi sujets, comme on le constate régulièrement, à se retrouver sur la voie en sens inverse. On a beau y avoir construit des croisements étagés, et des bretelles d’entrée et de sortie comme sur une autoroute conventionnelle, il n’en demeure pas moins qu’une super-2 n’est pas plus sécuritaire qu’une route traditionnelle à deux voies.

Mais la ministre des Transports, Julie Boulet, malgré qu’elle semble être de retour de sa pause dans le Sud depuis quelques jours, ne parlera pas de cet événement. Elle se refermera sur son silence habituel, mais elle sait trop bien que la construction d’autoroutes de type super-2 n’améliorera pas le bilan routier québécois. Si certaines super-2 ne supportent que très peu de circulation, à un point tel qu’il ne vaut pas la peine de les doubler pour l’instant, d’autres sont trop dangereuses pour attendre encore que de nouvelles victimes s’accumulent. Les plus vieux se souviennent de l’A-40, entre Saint-Cuthbert et Trois-Rivières (Pointe-du-Lac), entre 1976 et 1981, ainsi que de l’A-55, entre Drummondville et Sherbrooke, qui ne fut entièrement doublée qu’en 2006. Depuis le milieu des années 1990, c’est au tour de l’A-50, entre Lachute et Mirabel, d’être désignée comme étant l’autoroute de la mort, et il semble que pour les prochaines années, les nouvelles sections de l’A-50, entre Gatineau (Masson) et Brownsburg-Chatham, au fur et à mesure de leurs ouvertures successives, ajouteront 90 kilomètres de danger mortel au réseau routier québécois.

Mais il ne faut pas s’en faire avec une telle situation. Tous les représentants du gouvernement qui ont pris la parole l’ont dit, lors de l’effondrement du viaduc du boulevard de la Concorde, à Laval, le 30 septembre 2006; les mots du ministre des transports de l’époque, Michel Després, furent les suivants: “Lorsqu’il est question de sécurité, les budgets, ça n’existe pas”. Aujourd’hui, on voit ce que cela veut dire; quand les “cravatés” (ingénierie, études en tous genres, sans oublier les “cadeaux” pour les amis, etc.) passent dans les budgets, il n’en reste plus, de budget!

9 Réponses vers “Autoroute 50: Accident mortel, un de plus”

  1. martine a dit:

    et bien moi j ai perdu mon père sur cette route et la une amie , mère de 5 enfants merveilleux, que font ils ? ils attendent quoi une vie n a pas de prix , ils ont pensé aux enfants de cette femme qui a 41 ans et 5 enfants et a mon pere que j ai perdu cette route moi je ne l aime pas et je ne la prend pas non plus. paix a Line Joly et Gilles Brun et à toutes les autres victimes …ca m attriste beaucoup

    martine B

  2. richard3 a dit:

    Je sympathise avec toi, Martine.

    Tu es drôlement bien placée pour savoir que cette autoroute est un désastre, tant au niveau de sa conception (deux voies sur une seule chaussée, plus deux passages à niveau; pour une autoroute, il faut le faire!) que de son utilisation (trop de circulation pour deux voies). Le gouvernement dit qu’il doit attendre d’avoir les budgets pour doubler une autoroute, parce que ça coûte très cher, mais l’attente coûte encore plus cher, puisque l’inflation dans le domaine de la construction fait en sorte que le coût d’un projet double environ à tous les 5 ans. Bien sûr, si l’on mettait un micro sous le nez de la ministre, elle bafouillerait probablement un beau petit message de condoléances pour les victimes d’accidents et leurs familles.

    Sauf que pour faire bouger le MTQ, ça prend un coup d’éclat, comme le viaduc de la Concorde, qui s’est écroulé sur la tête des gens, à Laval, ou encore l’accident de la Côte des Éboulements, au bas de laquelle un autobus s’est écrasé, faisant 44 morts, il y a une dizaine d’années. On a refait la côte à grands frais, et malgré les morts de l’accident, des environnementalistes se sont plaint que l’on allait défaire la beauté du paysage.

    C’est vachement triste de perdre un proche dans un accident de voiture, mais deux, dans deux accidents différents, sur la même route, oufff! Quand un deuxième événement de ce genre survient, il ramène définitivement le premier à la mémoire, c’est évident. Je te souhaite beaucoup de courage, Martine.

  3. Sylvain Lacroix a dit:

    Bonjour !

    Je crois que le Gouvernement du Québec applique la sécurité quand ça n’a pas de prix quand ça fait son affaire. À part de ça il ne le fait pas du tout.

    Et ce gouvernement n’a sûrement pas appris sa leçon lors de l’effondrement du viaduc de La Concorde à ce que je vois.

    Pourquoi le gouvernement s’entête de construire des «autoroutes» à une voie ? Ça devrait même pas exister. Il n’y a rien qu’au Québec que l’on voit ça.

    Qu’il n’y a pas ou assez de circulation automobile quand le Gouvernement décide de construire une autoroute,ça doit être supposer être à deux chaussées séparés par un terre plein ou une bordure de ciment et sans exception.

    Et l’autoroute 50 où l’accident à eu lieu à Mirabel elle doit être revue et corrigée et d’ajouter une deuxième chaussée ainsi que des sorties et entrées avec viaducs et construires deux viaducs qui remplacerai les deux passages à niveau existant sur ce tronçon «autoroutier».

    C’est pareil pour le passage à niveau du CN sur l’autoroute 20 à St-Hyacinthe à la hauteur de l’Auberge des Seigneurs.

    Au Revoir !

    Sylvain

  4. richard3 a dit:

    Je suis d’accord avec vous à 110%, mon cher Sylvain.

    Au fil des années, et des contraintes budgétaires, les gouvernements, toujours plus gourmands en fonds publics, ont dû couper dans les constructions de nouvelles routes afin de satisfaire leur appétit gargantuesque. Aussi, quand une communauté demande une autoroute depuis longtemps, le gouvernement tente de sauver la chèvre et le chou en construisant des “super-2″, comme on les appelle dans le jargon routier, là où le taux de circulation - taux qui a aussi augmenté au fil des ans - ne justifiait pas vraiment la construction d’une autoroute conventionnelle. Sauf qu’avec le temps, et les délais imposés par le gouvernement, au moment où celui-ci se décide d’aller de l’avant avec une super-2, la circulation est devenue trop dense, et nécessiterait une vraie autoroute.

    Dans les années 1970, l’A-40 fut prolongée entre Saint-Cuthbert, où elle se terminait à l’échangeur de la route 138, et Trois-Rivières (Pointe-du-Lac), à un autre croisement avec la même route, avec une super-2, dans un premier temps, mais sans aucun viaduc, et des intersections à niveau. L’A-40, à l’époque, fut rapidement complétée en autoroute conventionnelle, et ce surtout dû au nombre élevé d’accidents mortels. Quant à l’ouverture de la dernière partie de l’A-40, entre Trois-Rivières (Sainte-Marthe-du-Cap) et Donnacona, près de Québec, elle fut faite directement sous la forme d’une autoroute conventionnelle, au milieu des années 1980. Quelques super-2 de ce genre (sans viaducs, intersections à niveau) existent encore; dans la région des Bois-Francs, il y a un tronçon de l’A-30, entre l’A-55 et la rivière Gentilly, qui longe le parc industriel et portuaire de Bécancour. Il y a aussi l’A-55 elle-même, entre l’échangeur de l’A-30 et la route 226, à Saint-Célestin, et l’A-955, entre l’A-20 et l’ancienne route 122, à Saint-Albert.

    À la décharge du MTQ, il faut mentionner que la voie ferrée de l’A-20, à Saint-Hyacinthe, n’est qu’une desserte locale, qui ne figure pas sur toutes les cartes, et qui est très peu utilisée, contrairement aux deux passages à niveau de l’A-50, qui eux, figurent sur les cartes tous les deux. Je vous accorde par contre que ça fait bizarre à voir sur une autoroute comme la 20.

    L’un des deux passages à niveau de l’A-50, celui situé le plus près de Lachute, est celui de la voie principale de la compagnie de chemin de fer Québec-Gatineau. Cette voie ferrée croisera à nouveau l’A-50 à la hauteur de Brownsburg-Chatham, un peu à l’ouest de la montée Labranche, sur le tronçon qui devrait ouvrir en 2008, mais cette fois, un viaduc sera construit au-dessus de celle-ci. Ce passage ést-il plus dangereux que celui situé à l’est de Lachute? Pourtant, c’est le même chemin de fer, et la même autoroute! Encore une question de budget, je présume. L’autre passage à niveau appartient aussi à la même compagnie, et est une desserte pour les usines de Saint-Jérôme.

    Par contre, il est intéressant de remarquer qu’aucune autoroute en super-2 n’est ouverte dans la grande région de Montréal. Le réseau supérieur montréalais est en retard d’environ 25 ans dans sa construction, et le gouvernement libéral actuel tente de reprendre un peu de temps perdu avec ses chantiers en partenariat publis-privé (PPP) que sont l’A-25, à Montréal et Laval, ainsi que l’A-30, sur le rive-sud.

  5. Sylvain Lacroix a dit:

    Bonsoir !

    C’est vrai qu’il restent encore des «autoroutes» à deux voies. L’Autoroute 55 après l’échangeur de l’autoroute 30 au Centre du Québec jusqu’à St-Célestin est encore à deux voies et maintenant depuis 2006 cette «autoroute» va jusqu’à l’autoroute 20 et 955 à Ste-Eulalie qui est toujours à deux voies en passant.

    Et évidemment que la 30 qui relie la 55 à Bécancour est encore à deux voies à contresens. C’est îdiot de laisser des supposées «autoroutes» à deux voies plutôt qu’à quatres voies. Au Bas St-Laurent à Rimouski l’autoroute 20 est à deux voies mais les sorties et viaducs sont faits.

    Et dès ce printemps cette autoroute 20 va aller jusqu’à Mont-Joli.

    Il reste Cacouna-Trois-Pistoles qu’ils vont prolonger sous peu encore à deux voies. Et il va rester le futur lien Trois-Pistoles-Rimouski à terminer et qui n’est pas encore en projet ni en construction.

    Et que dire que de St-Anne-de-Bellevue à la jonction de l’autoroute 540 à Vaudreuil-Dorion la 20 n’est seulement qu’un boulevard sauf un viaduc dont elle passe au-dessus du Boul Cardinal-Léger. Un autre non-sens à mon avis.

    Au Revoir !

    Sylvain

  6. Daphne a dit:

    Yes, the road may be dangerous, but as a regular commuter between St. Colomban and Lachute on this road, I also see a lot of “speed freaks” that overtake on the inside and pass on curves where they are blind to on coming traffic. Surely the accidents are the direct result of poor choices and excessive speed.

  7. Richard3 a dit:

    You’re absolutely right on that point, Daphne. But I’m sure you agree with me that it’s almost impossible to stop all those speed freaks with a law, or with the SQ on site regularly, that are efficient measures on the moment but, on the long run, are not better than a magic thought. So the next step to make the A-50 safer for all is to twin it. For sure, that will be expensive, but once done, all drivers will go in the same direction on two different roadways, avoiding - at least - face-to-face collisions. Another point; the speed enforcing would be easier for the SQ on a twinned highway, because the policemen may check the traffic from the median U-turn lanes, an impossible thing to do with the actual single-raodway A-50.

    The super-2 concept was developed in the 1970s, by the government, to make safe roads in areas where there’s almost nobody on the road. But if it was the case then, it’s definitely not on actual super-2s in Quebec now, and especially on the A-50. This one will probably become even more dangerous when the new sections will open (at least one every year until 2010), putting more traffic - and probably more speed freaks - on the road.

  8. louis-philippe lafleur a dit:

    bonjour,

    Je suis celui qui conduisait un véhicule de l’accident du 21 janvier.j’ai perdu ma lyne lors de cet et je n’ai aucun souvenir d’une semaine avant l’accident et de 3 semaines apres.Je me compte chanceux de ne rien me rappeler.Je suis revenu a moi 3 semaines apres a L’hopital Sacré-coeur,je ne savait pas pourquoi j’étais la et je peut vous dire que ca ete tres dure de tout savoir apres mon coma.Ca fait plus de 2 mois et demi de cet et je suis depuis 2 semaines dans un hopital de réadaptation maintenant pour encore au moin 2 mois.Tout ce que je peux vous dire,c’est que le plus dure ne soit pas le fait que je ne puisse pas encore marcher et me servir d’un bras,c’est tout ce que j’ai dans la tete depuis cet et la mort de Lyne.La derniere chose que je vais dire,c’est que je n’ai jamais aimé la 50 et c’est pire encore aujourd’hui.

    Au revoir

  9. Richard3 a dit:

    Bonjour, monsieur Lafleur.

    J’avoue que je me sens toujours un peu démuni devant ce genre de situation. Je voudrais écrire des paroles d’encouragement, mais je ne sais jamais si celles-ci seront vraiment positives, ou encore aviveront-elles davantage la douleur. Mais j’ose à peine imaginer à quel point cela doit être atrocement difficile de vivre de tels moments, à quel point un accident, comme on en voit régulièrement, aux nouvelles, peut bousculer toute une vie, et y laisser des traces ineffaçables.

    Il me venait une idée, en lisant votre commentaire, mais je ne sais pas si vous seriez d’accord avec une telle initiative. Je me disais que le jour où la ministre des transports, madame Julie Boulet, allait faire une sortie publique, comme une conférence de presse, par exemple, j’aimerais bien voir sa réaction si une personne, comme vous, qui avez vécu - et vivez encore à tous les jours - les conséquences d’un accident dramatique, allait lui poser une question du genre “Compte tenu du nombre de décès survenus sur l’autoroute 50 ces dernières années, et je suis très bien placé pour vous en parler, à quel moment comptez-vous faire le nécessaire pour en faire une véritable autoroute sécuritaire?”

    Évidemment, je ne vous demande pas de le faire, ni même d’y penser. Vous avez des choses beaucoup plus importantes à vous soucier que la ministre des transports, pour l’instant. Mais j’imagine madame Boulet, devant les caméras, qui regarde le plancher, et qui rougit du visage, parce qu’à partir de ce moment-là, elle aura, gravée dans son subconscient pour le reste de sa vie, un visage, une voix, et un regard, qui lui poseront la question, sans cesse.

    Mais pour l’instant, vous devez penser à vous, monsieur Lafleur, et à votre réadaptation. Le peu que je puis faire, et c’est la moindre des choses, c’est de vous souhaiter beaucoup de force, de patience, et de courage, afin de revenir à une vie active le plus rapidement, et le plus complètement possible, et je suis certain que d’où elle est maintenant, c’est sûrement ce que Lyne désire le plus au monde.

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