Le blogue de Richard3

Nous vivons à l’ère des communications; c’est probablement pour cela que plus personne ne se parle.

Avortement gratuit en clinique: Nouvelle méthode de contraception

Publié par Richard3 sur 19 janvier, 2008

Le site de nouvelles LCN rapporte que le gouvernement du Québec s’est conformé à un jugement de la Cour supérieure, lequel enjoignait le gouvernement à garantir la gratuité des avortements en clinique spécialisée, alors qu’auparavant, les femmes qui allaient dans de telles cliniques devaient débourser jusqu’à 400 dollars en frais de procédure. Le jugement faisait suite à un recours collectif de quelque 45,000 femmes qui, depuis 1999, ont dû payer de tels frais en clinique spécialisée pour se faire avorter. Les avortements, en CLSC ou dans les hôpitaux, ne demandaient quant à eux qu’une simple présentation de la carte d’assurance-maladie.

Dans cet autre cas, le gouvernement s’arrange encore pour s’occuper de femmes irresponsables qui préfèrent se faire avorter sur le bras des contribuables en cas de grossesse surprise plutôt que de prendre leurs responsabilités et de prendre la pilule, ou d’autres méthodes contraceptives. De là à déclarer que l’avortement est devenue, dans notre société distincte, une nouvelle méthode contraceptive, il n’y a qu’un pas, que le ministre de la santé, Philippe Couillard, ne fera certainement pas, de peur de provoquer l’opinion publique - et d’augmenter sensiblement le nombre d’avortements - mais que moi, je n’hésiterai pas une seconde à faire.

Pas parce que je refuse qu’une femme, financièrement défavorisée, victime d’une agression sexuelle, et qui se retrouve enceinte suite à cet acte, ne puisse pas se faire avorter gratuitement, ce que je trouve raisonnable, puisqu’il s’agit là d’un véritable cas de grossesse non-désirée, mais plutôt pour dénoncer encore une fois le fait que je paie - malgré moi - pour quelque chose que je ne veux pas. Pour dénoncer le fait qu’une femme qui gagne 100,000$ par année puisse aller se faire avorter dans une clinique spécialisée, tout simplement parce que le “timing” n’était pas bon pour qu’elle tombe enceinte, et que ce soit moi, qui gagne quatre fois moins, qui paie la note. Ce sont des exemples comme celui-là qui illustre le côté sale de l’universalité. Le problème, dans mon exemple, est-il dû au fait que la femme gagne 100,000$ par année? Pas du tout. Il est dû au fait que le gouvernement ait adopté une loi qui lui permette de le faire en toute légalité, au nom de l’universalité des soins. Il est là, le problème. Un système de santé comme le nôtre devrait fournir des soins essentiels à la vie, comme des traitements contre le cancer, pour lesquels les listes d’attente montrent des délais qui se chiffrent en mois, sinon en années, alors qu’une femme peut aller se faire avorter gratis.

Je serais curieux de connaître les délais d’attente pour un avortement. Ce n’est pas compliqué; il n’y en a pas! Parce qu’il existe des cliniques spécialisées en avortement, qu’une femme peut prendre rendez-vous, et aller se faire avorter sans engorger les salles d’urgence. Ça, c’est correct. Par contre, ouvrir une clinique spécialisée en traitement contre le cancer, où l’on peut prendre rendez-vous, et aller se faire traiter en payant de sa poche, c’est de la médecine à deux vitesses, pis ça, y faut pas! Alors pour éliminer la médecine à deux vitesses, on va mettre les avortements en clinique spécialisée gratis pour tout l’monde! Vive la liberté sexuelle! Pis si tu tombes enceinte, ma belle, c’pas grave, tu te feras avorter, c’est gratis!

Pis nous autres, les pauvres caves, on paie!

Oui, on paie! Parce que même si le gouvernement vous dit “Allez-y, c’est gratis!”, dans les faits, ce n’est pas vraiment gratis. Il y a quelqu’un, quelque part, qui paie, et ce quelqu’un, c’est le contribuable, le payeur de taxes. Celui qui travaille, et qui paie des impôts, et qui en plus, si ses revenus sont suffisamment élevés, paiera une contribution supplémentaire pour le fonds des soins de santé. C’est à même ce fonds que le gouvernement paiera la clinique qui procédera à l’avortement.

À mes yeux, l’avortement ne devrait tout simplement pas être gratuit, ni en clinique spécialisée, ni en CLSC, ni en centre hospitalier. Sauf, évidemment, lors de cas très spécifiques, comme pour une femme victime de viol, ou encore si la grossesse met en danger la vie de la femme. Pas que je sois contre l’avortement; c’est une décision que seule la femme - et non pas le gouvernement - doit prendre, parce qu’elle aura à vivre avec sa décision, et avec les conséquences de celle-ci. Mais parce que la femme doit également composer avec les conséquences de ses propres gestes. Par exemple, si je m’achète une voiture, c’est à moi que revient la responsabilité de l’entretenir, et non pas à l’état. C’est pareil pour la femme; si elle prend la décision d’avoir des relations sexuelles, et qu’elle tombe enceinte suite à celles-ci, ce n’est pas à l’état d’assumer l’arrêt volontaire de sa grossesse. Elle doit agir de façon responsable, et assumer les conséquences de ses propres décisions.

Elle pourrait toujours se faire rembourser les frais de son avortement par le type avec qui elle a eu des relations sexuelles, mais ça, c’est une autre histoire.

MISE À JOUR - 20 janvier 2008, à 4h30

Le grand Charles, dans son blogue empreint de sarcasme, nous montre sur quoi il est tombé, du côté de la mère patrie. Pas vraiment mieux qu’ici, finalement. Même pire.

2 Réponses vers “Avortement gratuit en clinique: Nouvelle méthode de contraception”

  1. Y-man a dit:

    une relation sexuelle faite sans moyen de contraception n’est pas seulement la responsabilité de la femme, le gars là-dedans est autant responsable que la fille et la décision est prise à deux. La seule différence c’est que ce n’est pas lui qui porte le foetus

  2. richard3 a dit:

    Je suis tout à fait d’accord avec toi, Y-man, sur le fait que ce genre de décision se prend à deux. Ce que je dénonce, c’est le fait que la femme, quel que soit son revenu, qui se retrouve avec une grossesse non-désirée (parce que tu comprends comme moi que ce n’est pas tous les couples qui ont des relations sexuelles qui ont nécessairement l’intention de procréer), puisse aller se faire avorter sans aucun problème, et que ce soit toi et moi qui paie pour cela.

    Dans mon texte, je fais porter la responsabilité à la femme d’une part parce qu’il s’agit de son corps à elle, et d’autre part parce que ce sont toujours des groupes de femmes qui ont revendiqué le droit à l’avortement libre et gratuit. Si je n’ai aucun problème avec la liberté de l’acte, c’est au niveau de la gratuité, que je m’inscris en faux. Le fait que le gouvernement permette l’avortement gratuit risque de banaliser l’avortement en tant que tel, et d’en faire, comme je le disais dans mon billet, une nouvelle méthode contraceptive. Pour une personne vivant de l’aide sociale, par exemple, on pourrait même conclure qu’il revient moins cher de se faire avorter gratuitement en cas de malchance que de payer, même à tarif réduit, la pilule anticonceptionnelle à chaque mois.

    La gratuité des soins de santé, telle qu’on l’entend dans les lois qui nous régissent, devrait s’appliquer aux soins nécessaires à la vie, comme les traitements contre le cancer, ou les chirurgies qui permettent de soigner des gens malades, pour ne nommer que ces exemples. Quant à l’avortement, il ne s’agit pas d’un soin nécessaire à la vie, sauf dans le cas précis où la grossesse peut mettre en réel danger la vie même de la mère. Il s’agit donc, à mes yeux, d’une intervention tout à fait accessoire, pas plus utile à la vie qu’une augmentation mammaire ou une chirurgie esthétique (et par chirurgie esthétique, j’entends par là quelqu’un qui veut se faire remonter le visage, comparativement à une chirurgie reconstructive, suite par exemple à un accident). Pour de telles opérations, je crois que la personne devrait payer de sa poche, afin de préserver les fonds publics pour les soins nécessaires à la vie.

    Évidemment, si les deux personnes qui ont des relations sexuelles ensemble vivent en couple, il auraient tout à loisir de décider - et de payer - ensemble. Par contre, comme je le disais, la décision finale reviendra toujours à la femme, d’abord parce qu’il s’agit de son propre corps, et ensuite parce que le père biologique de l’enfant à naître ne devrait pas avoir le droit, à mes yeux, de forcer la mère à mener sa grossesse à terme.

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