Le blogue de Richard3

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Loyers: Les québécois se plaignent le ventre plein!

Posté par Richard3 le 1 novembre 2007

Aujourd’hui, deux articles qui semblent tout à fait contradictoires.

Le premier, paru sur Canoë peu avant 16h00, mentionne que les loyers ont subi une hausse quatre fois supérieure aux normes de la Régie du logement. Un autre, de la Presse canadienne, publié trois heures plus tard, aussi sur le site de Canoë, dit pour sa part que Montréal a les logements les plus abordables des centres urbains du Canada. Comment expliquer ces deux contraires?

D’abord, les normes de la Régie du logement sont des recommandations, et n’ont pas force de loi. Elles sont publiées à titre d’information afin que les locataires soient en mesure de négocier l’augmentation de leur loyer. D’un autre côté, si les hausses de loyer décrétées par la Régie sont insuffisantes pour les propriétaires, afin qu’il puissent assumer l’entretien et les autres frais reliés à leur parc immobilier, ceux-ci n’ont d’autre choix que de se réajuster en fonction du marché, sinon ils feront face à la faillite.

Certains se demanderont qu’est-ce que le marché vient faire là-dedans. La réponse est pourtant simple. Le loyer, pour un propriétaire d’immeuble, et la même chose que le profit pour un entrepreneur, ou que le salaire pour un travailleur; c’est la principale raison pour laquelle il continue de faire ce qu’il fait. S’il n’est plus intéressant pour un propriétaire d’immeuble de louer des logements, parce que la Régie l’empêche d’augmenter suffisamment les loyers, il les convertira en condominiums, et les vendra. C’est ce qui s’est produit il y a une dizaine d’années, et la situation avait débouché sur une crise du logement qui a connu son apogée en 2001-2002. Pourquoi est-ce que des choses comme celle-là surviennent? Tout simplement parce que les législateurs ne tiennent pas compte d’une loi adoptée par aucun gouvernement, mais qui est néanmoins aussi inévitable que la loi de la gravité. Et j’ai nommé la loi de l’offre et de la demande.

Les gouvernements adoptent des lois qui viennent interférer le marché, et croient ainsi régler un problème, alors qu’en fait, ils ne font que le déplacer, ou même l’empirer. Le contrôle des loyers en est d’ailleurs un excellent exemple. La Régie du logement a été créée suite aux pressions de groupes de locataires qui se prétendaient victimes des “méchants propriétaires”, et de leurs hausses de loyer insurmontables. Évidemment, comme le gouvernement voulait les votes des locataires, il est allé de l’avant avec une loi qui donnait naissance à la Régie du logement, et à la publication annuelle des normes d’augmentation des loyers, en-dehors desquelles toute augmentation devient contestable devant la Régie. Évidemment, beaucoup de locataires se prévalent de ce droit de contestation, notamment les prestataires d’aide sociale, qui peuvent recourir aux services d’un avocat de l’aide juridique si la cause va trop loin, et se retrouve devant la “vraie cour”. Avec le temps, plusieurs petits propriétaires ont fini par baisser les bras, et se contenter d’augmentations respectant les normes de la Régie.

Ce qui devait arriver arriva. Les petits propriétaires, encaissant de moins en moins de profits, commencèrent à reporter certaines petites réparations moins urgentes à plus tard. Le problème tient dans le fait que bon an mal an, le coût des matériaux de construction augmentent plus que l’indice des prix à la consommation, sur lequel la Régie se base pour fixer ses normes. Ainsi, plus le temps passait, plus les réparations moins urgentes devenaient coûteuses, et plus les petits propriétaires les repoussaient. Jusqu’au jour où ces petites réparations devenaient urgentes, et commandaient de grands travaux. Certains propriétaires ne renouvelaient pas les baux à leur terme, préférant vider les logements pour les rénover en profondeur. Devant le coût des rénovations, les propriétaires transformaient ces logements en condos, et les vendaient au prix du marché. Ainsi, de fil en aiguille, le nombre de logements locatifs s’est mis à diminuer, et combiné au fait qu’il se construisait très peu de logements locatifs, parce que pas assez payants, une crise du logements est survenue. Il n’en fallait pas plus pour que les regroupements de locataires se tournent une fois de plus vers les gouvernements, cette fois pour les aider à accéder à des logements plus abordables, donc de demander la construction de logements sociaux. Autrement dit, les regroupements de locataires demandent aux gouvernements de régler un problème qu’ils ont eux-mêmes contribué à créer!

Pendant ce temps, depuis quelques années, on assiste à un boum immobilier comme il s’en est rarement vu de mémoire d’homme. Les banlieues poussent comme des champignons. Encore une fois, la loi de l’offre et de la demande n’est pas étrangère à cela. Comme les logements devenaient plus rares, plusieurs locataires se sont tournés vers l’accès à la propriété, achetant des maisons en banlieue, moins chères et plus spacieuses que les condos en ville. Plusieurs logements se sont ainsi libérés, permettant à la crise du logement de se résorber. Or, comme plusieurs personnes se sont ruées vers l’achat d’une propriété en même temps, les constructeurs de maison avaient peine à suffire, ce qui fit augmenter le prix des maisons.

Alors que les regroupements de locataires tentent encore une fois de faire passer le propriétaire moyen pour un salaud de première, je serais plutôt d’avis que la hausse “démesurée”, qui dans les faits varie entre 3 et 6% au cours de la dernière année, n’est tout simplement qu’un ajustement au marché. Depuis longtemps, les propriétaires tentent de reprendre une marge de profit qui leur permettra de réinvestir dans l’entretien de leurs immeubles, et c’est ce qu’ils sont en train de faire.

Selon moi, la seule façon de retrouver un équilibre entre des loyers raisonnables pour les locataires et des propriétaires heureux serait de laisser le libre marché établir le coût réel des loyers. Évidemment, les premiers temps seraient plutôt difficiles pour certains qui ont vraiment de la difficulté à joindre les deux bouts, mais en permettant à la loi de l’offre et de la demande d’établir des loyers en fonction de la valeur réelle des logements, on pourra établir également la meilleure façon de venir en aide aux plus démunis, et leur fournir une aide directe, au lieu de perpétuer l’éternel cercle du “pauvre qui n’a rien”, mais qui a une peur bleue de le perdre…

6 réponses vers “Loyers: Les québécois se plaignent le ventre plein!”

  1. daige a dit

    Je suis d’accord avec toi Richard pour l’offre et la demande…

    Cependant il faut savoir que certaines personnes ont des logements depuis très longtemps, ce qui fait qu’elles ne paient pas cher (ex: sur le plateau). D’autres ont réussi à se faire transférer un logement alors ils ne paient, eux non plus, pas cher du tout (genre plateau à 400$ par mois pour un 4 ou 5 1/2).

    Des nouveaux arrivants (comme moi, de Québec) n’ont pas cette chance et paie beaucoup trop cher pour leur appartement (700$ rien d’inclu dans mon cas, et je suis seul dans un petit 3 1/2).

    Donc oui, il y a des logements trop chers, et des logements pas chers.

    Cependant, c’est l’accès le problème…

  2. Stephan S a dit

    Oubliez pas que la regie des locataires regle tout les dossiers en faveur des locataires. Les proprietaires le savent. Seulement evincer un mauvais payeur de son loyer prends plusieurs mois, qu’ils ne paieront pas, et donc le proprio accumule pertes par dessus pertes.

    Un autre non-sens au Quebec. Pourquoi le premier juillet et le jour du demenagement ? On cree une rarete dans tout ce qui touche l’industrie du demenagement. Completement illogique.

    Ici en Alberta, il n’y a pas de jour predetermine pour la fin des baux. Les proprio peuvent louer au mois, 3 mois, 1 and 10 ans s’ils le veulent. Il n’y a aucun controle sur le prix des loyers. Il y a toujours un damage deposit qui egale generalement a un mois qui est verse a la signature du bail, et est rembourse a la fin. Cela donne une securite au proprio.

    Oui il y a des histoires d’horreur de temps en temps, mais ce sont les regles du marche qui fixent le prix du loyer.

    L’annee 2006 a ete folle cote immobilier ici. Les loyers ont suivi la meme courbe.

    Mon ancien proprio voulait me donner une augmentation de 25% de ma maison louee. J’a reussi a le dealer pour 20%, le temps que je me trouve une petite maison.

    Le systeme ici n’est pas parfait, mais tout compte fait, je le crois superieur a celui du Quebec.

  3. Patrice a dit

    Ce qui est dommage avec certains locataires, c’est la pensée selon laquelle le propriétaire peut se permettre de faire la charité à ses locataires.

    Sans tomber dans le fascisme, je crois qu’avoir un registre des mauvais payeurs pourrait aider à éliminer les pommes pourries! Je serais surpris de consulter le montant totale des pertes locatives au Québec?

    Je voulais posséder quelques immeubles à logements, mais, avec les mauvaises expériences subies par des propriétaires dans ma famille, j’ai finalement abandonnée cette idée…

  4. Robert a dit

    bonjour,
    moi, je crois qu`il est le temps venu de faire un bon nettoyage et de “rebrasser” les cartes. J`ai des logement, je me considère comme un bon proprio. J`aime avoir de beaux logements à louer, donc, j`investi!

    Voilà, que avant l`arrivé d`un nouveau locataire je fais un ménage, réparations, même la peinture, et lors de leur départ c`est à refaire, bien souvent!

    Là ici dans la région de Trois-Rivières, une nouvelle mode, celui de quitter ou de ne pas payer son loyer à terme (soit le premier du mois).

    Voici, je crois qu`il est temps qu`un locataire respecte son bail,(son contrat), comme la loi le demande. Et que si il ne le respecte pas, que nous le dénoncions à un “bureau de crédit” au même titre que celui ne paye pas son crédit sur son auto, maison ou sur sa télé, acheté dans une grande surface offrant des crédits payable en 2 ans!

    De plus, il serais normale maintenant d`avoir le recours d`une “caution monétaire” équivalant à un minimum d`un mois de loyer, et au départ du locataire de faire le compte et de gardé nos propriétés propres et d`avoir un parc de location viable. La Ville, nous obligent à avoir des maisons sécuritaires et bien entretenus, et c`est bien normal, mais aidez- nous! Non seulement avec des subventions, mais avec des moyens d`actions!

    Il y a aussi les droits et libertés, oui, mais aussi le droit de respecté le bien d`autrui. Un bail de location ne donne pas le droit d`y être propriétaire pour un temps, c`est un prêt!

    Pour ceux qui penserons à la Régie, et bien,les demarches, les délais sont trop longs!

    Oui, il y a des locateurs qui ne font rien aussi, mais ils ont peut-être été aussi échaudés.

    Si vous trouvez mon commentaires est bien, faite passer, à force d`en parlé, on construira un plus beau parc locatif, dans le respect.

  5. Richard3 a dit

    Je suis d’accord avec vous, Robert.

    Un propriétaire, qu’il soit riche ou non, qui investit dans son parc locatif, afin de le maintenir au meilleur de sa condition, a le droit à un minimum de respect, de la part de ses locataires. Il serait bon d’éclaircir les lois concernant le logement, parce que certains droits des locataires sont carrément abusifs.

    Qu’en est-il de la collecte de renseignements? Quelles informations les locataires ont-ils l’obligation de fournir à leurs propriétaires? L’idée de la “caution monétaire”, comme vous l’appelez, est une excellente idée, à mes yeux, ainsi que celle de recourir à un bureau de crédit, pour y faire inscrire les mauvaises créances. Mais pour recourir à de tels procédés, encore faut-il que les locataires fournissent des renseignements valides, aux propriétaires, lors de la signature du bail, et qu’ils mettent ces renseignements à jour, le cas échéant. Que disent les lois, là-dessus?

    Bref, un juste retour de l’économie de marché ferait du bien, dans le domaine; c’est vrai qu’il fut un temps où certains propriétaires étaient abusifs, mais maintenant, c’est tout le contraire. Les locataires abusifs ne sont qu’une minorité, mais ils causent des dommages sérieux, et ce autant dans l’entretien des logements, qu’ils négligent, que dans les finances des propriétaires, de par leur négligence à payer leur dû à temps. Ceux-ci savent que les délais, à la Régie du Logement, sont interminables, et profitent de la situation.

  6. Robert Phoenix a dit

    Bonne nouvelle!

    Un ami me repondais au sujet du “bureau de crédit”, et bien lui aussi il a eu des mauvais locataires. Il a envoyé le jugement de la Régie des loyers à Equifax* par fax au # 514-335-8502 au département de maintenance. Le plus de renseignements donnés, plus informations seront fichés. Ex. ancienne adresse, # ass. social, date de naissance, employeur, etc.

    C`est certain, lorsqu`un jugement apparait au bureau de crédit, celà fais baisser la cote de crédit.

    Celà fonctionne, car étant aussi un agent hypothécaire, il a du déjà demandé à des clients de payer le jugement afin d`obtenir leur hypothèque!

    * Pas besoin d`être membre, aucun frais, ni aucun formulaire nécessaire.

    Encore une fois, faite passer l`information. Merci

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